Dimanche 30 octobre 2005, 02h30 du matin. Le réveil de Patrick sonne. Patrick se lève sans bruit pour ne pas ameuter les voisins. Il allume la lumière, enfile un jean et un pull de laine noire, pratique pour rester discret le noir. Il a les traits tirés, signe d'une nuit trop courte. en effet, il n'a pas dormi plus d'une heure. La soirée au bar avec ses amis a mal tourné, encore une fois à cause de l'alcool. Deux de ses potes se sont fait jeter par la patron, et n'ont pas aimé. La suite classique, coups de poings et jets de chaises, arrivée des policiers et des pompiers, trois interpellations et deux blessés...
Patrick, le seul de la bande pas trop imbibé, a accompagné un pote d'un ami à lui, Daniel, à l'hôpital dans l'ambulance des pompiers. Après les premiers soins d'urgence et en attendant les radios, ils se sont retrouvés seuls dans une petite pièce. Daniel a alors attrapé le tee-shirt de patrick, et a attiré son visage au niveau du sien. Son visage était déformé par la peur. Il l'a regardé, et dit: "cette nuit, à 3 heures, à l'angle du cimetière montparnasse et de la rue de la gaieté. Tu t'y rendra à ma place, et donnera ça. Si tu le fais pas, je suis mort, et toi aussi parce que ça sera de ta faute." En disant cela, il lavait glissé un petit paquet dans la main de Patrick. "Si tu l'ouvre, t'es un homme mort" lui avait-il précisé avec un petit sourire narquois. Patrick avait aquescié, et l'avait laissé aux bons soins du docteur.
Il est 2h50. Patrick n'a pas voulu prendre le risque d'arriver en retard. Il ne voit personne. Il tripote encore le petit paquet de Daniel dans sa poche, le tourne et le retourne. Il ne sait pas ce que c'est, et n'ose pas le sortir de sa poche. Il a croisé une voiture de police tout à l'heure. Il a peur de paraître louche, à attendre comme ça. Alors, il marche 100 mètres, puis revient en arrière jusqu'à son point de départ. A 2h59, toujours personne. C'est vrai, il est pas 3 heures. Mais Patrick, mort de trouille, se promet que si dans une demi-heure s'il n'y a toujours personne, il rentre chez lui.
Le temps passe. Patrick arpente nerveusement la rue qui longe le cimetière montparnasse. Il regarde sa montre, elle marque 3h28. Patrick est nerveux. Il hésite à partir. Une demi-heure de retard, ça lui paraît beaucoup. Il tombe aussi de fatigue. En plus, deux voitures de police sont passées devant lui, au ralenti. Soit ils l'ont repéré, soit il risquent de bientôt le repérer. Et puis, qu'est-ce qu'il y'a dans ce paquet qui puisse le tuer? Patrick prend alors la décision de se rentrer.
Dimanche midi, Patrick se lève, la tête lourde. Il examine longuement le petit paquet de Daniel. Il n'ose pas l'ouvrir, il sait que ça se verra. De dépit, il regarde sa montre. C'est l'heure du 13h de Claire Chazal. Il allume sa télé, et à ce moment là son téléphone sonne:
"Patrick?
- Euh, oui, c'est moi.
- On sait pas qui tu es, mais t'es un homme mort. Faut pas jouer avec nous. Fais ta prière." Son interlocuteur venait de raccrocher brutalement.
Le regard de Patrick se tourne vers la télé. Il tombe sur le générique de début de "Attention à la marche". Alors Patrick comprend. On a changé d'heure cette nuit. A 3h, il était 2h. Quand il est arrivé cette nuit, il était bien 2h50, mais quand il est reparti, il était 2h30. Patrick, se rendant compte de son erreur, lâche brusquement le combiné du téléphone, et s'écroule dans son fauteuil. Au moment où l'on frappa à sa porte...