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Dimanche 8 Janvier 2006. Le communiqué tombe: l'Iran serait sur le point de retirer les scellés posés par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) sur certains sites de recherche nucléaire du pays.
La nouvelle est rapidement confirmée par le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Hamid Reza Asefi, qui déclare: "nous allons retirer les scellés et avons annoncé que nous étions prêts à reprendre les recherches à compter de demain".
Les craintes de la communauté internationale se confirment. Pourtant la veille encore, l'Union européenne avait réitéré ses avertissements envers l'Iran, qui avait manifesté la semaine précédente sa volonté de reprendre ses recherches dans le domaine atomique, arrêtées deux ans plus tôt.
L'Iran affirme que son programme nucléaire ne vise que le domaine civil, afin de répondre aux besoins en électricité de sa population. De leur côté, les Etats-Unis et l'Union européenne soupçonnent l'Iran de vouloir enrichir l'uranium à des fins militaires. Et ce malgré la déclaration du directeur adjoint de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, qui annonçait que la reprise des recherches se feraient sous le contrôle de l'AIEA, et que l'Iran ne reprendrait pas la production de combustible nucléaire à Natanz, installation secrète découverte en 2002 grâce à des informations fournies par des exilés iraniens.
Mais la communauté internationale est indignée. Dès lundi, les réactions se multiplient. L'Union européenne et la Russie expriment leurs préoccupations, Jacques Chirac parle de "grave erreur", la Grande-Bretagne condamne l'initiative iranienne. Quant aux Etats-Unis, Georges Bush n'exclut pas de porter l'affaire devant le conseil de sécurité de l'ONU.
Cela ne dissuade pas l'Iran. Comme prévu, les scellés sont enlevés et les programmes nucléaires remis en route, tout cela sous les yeux des inspecteurs de l'AIEA.
La Russie propose alors un compromis: enrichir l'uranium iranien chez elle. Tout en se disant intéressés par cette proposition, les responsables iraniens réfutent toutefois la possibilité que leur pays n'enrichisse pas d'uranium lui-même.
Bref, une semaine déjà, et l'affaire s'enlise. En réponse à l'avertissement des Etats-Unis de saisir le conseil de sécurité de l'ONU, l'Iran menace de rompre sa coopération avec l'AIEA. De plus, les Etats-Unis risquent de s'opposer au veto de la Russie (voire de la Chine), voulant garder des contacts privilégiés avec la cinquième réserve mondiale de pétrole. Là est l'autre atout de l'Iran qui, en tant que membre influent de l'OPEP, se dit prêt également à hausser le prix du pétrole.
La communauté semble donc impuissante face à la menace de voir l'Iran s'équiper de l'arme nucléaire. D'une part le risque de voir ses inspecteurs renvoyés ainsi qu'un veto d'un des cinq membres permanents du conseil de sécurité si l'ONU réagit, d'autre part le risque d'un nouveau choc pétrolier.
L'Iran tient donc tête aux grands pays de ce monde. Les avertissements et les menaces restent vains. Une issue semble utopique. La situation est grave. Les grands de ce monde parviendront-ils à remettre le petit insolent dans le droit chemin, sans passer par une nouvelle guerre?...




